Au delà de la difficulté à identifier un fournisseur de
bois de chauffage de qualité, qui soit en mesure d’assurer une livraison dans des conditions décentes, la pratique du feu de bois nécessite un minimum de savoir faire : En effet, démarrer un feu ne devrait pas être une corvée.
Démarrer un feu, rien de plus simple… Mais la plupart des phénomènes physiques simples en apparence répondent à des principes physiques complexes, qu’il vaut mieux avoir à l’esprit.
Voici donc quelques règles de base :
Règle N°1 : La chaleur monte, et le froid à descend. C’est le principe de base de la thermodynamique. Il suffit de se mettre un moment dans les escaliers pour s’en rendre compte. Le froid descend en dévalant les marches, alors que l’air chaud monte en léchant la volée de l’escalier.
Règle N°2 : Pour que de l’air sorte par la cheminée (la fumée en l’occurrence), il faut bien que de l’air rentre dans la maison par ailleurs, sans quoi la maison se « dégonflerait », se mettrait en dépression. Autrement dit, pour que la fumée monte dans le conduit, il faut une entrée d’air dans la maison, soit par une grille d’aération, soit par une fenêtre entrouverte. Une maison trop étanche n’est pas propice à un bon feu de cheminée.
Règle N°3 : C’est l’oxygène de l’air qui permet la combustion. Sans air, pas de feu..
Ces trois premières règles combinées permettent déjà de comprendre beaucoup de choses :
Par exemple, demandons nous pourquoi une cheminée refoule.
La règle N° 1 permet de comprendre que si la cheminée refoule la fumée, c’est que cette fumée n’est probablement pas assez chaude, sans quoi elle ne demanderait qu’à monter dans le conduit.
La règle N°2 peut aussi l’expliquer, à savoir que si la maison est par trop étanche, la fumée n’a aucune raison de quitter la maison par le conduit, si aucun air neuf et frais ne le remplace en passant par une grille d’arrivée d’air par exemple.
La règle N°3 s’applique encore plus simplement : des bûches trop grosses et serrées ne laissent pas assez passer l’air, lequel est indispensable à la combustion.
Combinons ces trois règles de base pour démarrer un bon feu :
D’abord créons une convection dans le conduit de cheminée, c’est à dire un mouvement d’air ascensionnel, en brûlant ne serait-ce que du papier journal. Le conduit va se réchauffer, et l’air s’y déplacera déjà dans la bonne direction. Quand le conduit est froid, c’est l’air extérieur qui a tendance à y descendre, et refroidir votre salon.
Ensuite, assurons nous qu’une quantité suffisante d’air entre naturellement dans la maison, afin que rien n’empêche les fumées de sortir par le conduit. Les maisons anciennes sont généralement bien conçues, sauf si toutes ses ventilations ont été colmatées.
Puis, démarrons le feu avec davantage d’air que de
bois de chauffage. Autrement dit, utilisons des bûchettes aussi fines que possible, en les croisant de sorte que l’air s’y faufile, et monte directement dans le conduit.
Il est aisé de comprendre pourquoi un bois sec monte plus vite en température qu’un bois humide : A titre de comparaison, une casserole sur le feu aura plus de mal à chauffer si elle est pleine d’eau que si elle est vide. La différence, c’est le poids de l’eau.
De plus, quand le bois sèche, l’eau laisse place à l’air entre les fibres, et cet air favorise la flambée.
Tout s’explique.
Publié le 9 janvier 2008